Coup de coeur

20 Février : Je suis citoyen !

Une opportunité. Les révolutions tunisienne et égyptienne sont une bouffée d’oxygène au processus de démocratisation des pays du Sud. Cette dynamique du changement a permis une renaissance du « POSSIBLE ». Aujourd’hui, notre génération, peut se permettre de croire dans la possibilité du changement et de la rupture avec de systèmes politiques archaïques dont l’ADN est la mauvaise gouvernance.

Le Maroc ne peut pas être déconnecté de cette dynamique. L’appel de 20 février a le mérite de situer le débat de réforme au niveau de la réforme constitutionnelle.

Les partis politiques « légaux » et « historiques », au fil des années, ont révisé à la baisse leurs ambitions de changement du système politique y compris la réforme constitutionnelle.

Aujourd’hui, notre pays est au carrefour de rupture. Nous avons deux scénarios : soit la monarchie continue à reproduire son mode de gouvernance basé sur un pouvoir central du Roi au détriment des autres institutions, soit déclencher un processus serein de réformes constitutionnelles.

J’ai eu l’occasion de visiter et travailler en mission dans la majorité des pays de l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Personne ne peut nier, l’existence de mécanismes d’intermédiation politique et sociale et un espace de liberté d’expression et de médias plus large comparativement aux autres pays de la région. Mais, il ne faut pas se leurrer, le Maroc doit capitaliser sur cette marge de manœuvre « aléatoire » pour booster la dynamique du changement et son élan de croissance.

Or, aujourd’hui, plusieurs signes de « remakhazanisation » de la monarchie se confirment aussi bien sur le plan politique, social et économique. Une sorte de Makhazen 2.0 dont le noyau dur est soutenu par un clientélisme économique et politique.

J’ai suivi de plus près sur internet et les réseaux sociaux les manifestations de « 20 février ». Je suis choqué par trois tendances :

• L’effort soutenu de plusieurs intervenants et d’acteurs à décrédibiliser, à tout prix, ce nouveau sursaut en creusant dans la vie privée et les croyances de certains militants au détriment du débat sur la pertinence des revendications de réformes politiques et sociales,

• L’attitude de certains responsables gouvernementaux, notamment le ministre de la Jeunesse et des Sports, Moncef Belkhayat .Je suis tellement sidéré par sa thèse de complot au point que je pense qu’il aurait dû être un ministre sous le règne de Hassan II et ce malgré son investissement récemment dans la communication « in » sur Facebook et Twitter.

• La diabolisation du caractère hétérogène des acteurs politiques, associatifs qui ont adhéré et soutenu la plate-forme revendicative de 20 février.

Certes, j’ai senti, une préoccupation auprès d’une large frange de l’opinion publique d’un risque de déstabilisation du pays sous l’effet des manifestations programmées. Je suis confiant, nous avons eu l’occasion de manifester au Maroc à plusieurs reprises. Le risque de dérapage dépend juste de la gestion de cet élan d’expression citoyenne. Les pouvoirs publics ont deux options :

• permettre l’expression d’une voie divergente par rapport à l’existant,
• réprimer cet élan de revendication qui sort des sentiers battus.

Le degré de tolérance des manifestations sera le baromètre de la dynamique du changement. La permission à d’autres voix d’opposition de s’exprimer sera la preuve d’acceptation des pouvoirs publics d’une dynamique politique de changement réelle et possible.

Bref, peu importe qui est derrière le mouvement du 20 février, l’essentiel c’est la légitimité et la pertinence du cahier revendicatif. Je reconnais que les revendications de 20 février sont ambitieuses. Il faut un processus de maturation et de militantisme soutenu dans le temps, mais c’est un plafond revendicatif en mesure de nous permettre de moderniser le régime politique monarchique pour passer d’une logique de « sujet » à une logique citoyenne. Je suis père de deux enfants. Je rêve, dans mon vivant, pour moi et pour mes enfants d’un Maroc de justice, d’égalité et de citoyenneté. C’est POSSIBLE, j’y crois.

Rachid Jankari
19 février 2011 à Barcelone

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Discussion

2 commentaires pour “20 Février : Je suis citoyen !”

  1. Comme je partage ton rêve Rachid.

    Posté par Anas Alaoui | février 20, 2011, 3:00
  2. Rente politique
    Rente économique
    Droit international de la concurrence
    Droit international de la consommation
    Organisation de commerce : OMC, ONU……..

    Au Maroc, le pouvoir, l’autorité publique et les fonctions d’Etat sont liés à l’économie de rente politique.
    On désigne l’économie de rente les privilèges et les agréments et les monopoles de passation des marchés publics (agréments de transport public de voyageurs…….)

    Il est impossible de trouver un moyen de défense crédible pour ces discriminations et ces contraventions au droit international de la concurrence.
    La déconstruction de l’économie de rente entraînera une Réaction féodale; l’entêtement des membres des partis politiques est sur.
    Il faudrait abolir ce système féodal. Des procés publiques de l’économie de rente doivent étre organisés au monde entier.
    Des conférences de droit de la concurrence doivent étre organisées.

    La fin définitive de l’économie de rente, des privilèges et des agréments et des monopoles de passation des marchés publiques rend la voie à l’émergence de la modernité.

    La structure de la société marocaine dans laquelle les quelques privilégiés jouissent de La féodalité est incompatible avec le droit international de la concurrence, et le droit de consommation.

    La transformation de la rente politique en féodalité de privilège héréditaire s’étend aux partis politiques.

    Dans la société marocaine, les hommes d’affaires, les immigrés, les juifs marocains pensent que cette féodalité est un système primitif et inefficace.

    Un nouvel ordre social basé sur la démocratie libérale et la libre concurrence doit avoir le jours.

    La société féodale marocaine était une concentration de pouvoir basé sur le monopole de l’information économique ( rente informationnelle).

    On visait clairement à la démolition du système féodal et des privilèges des grands (des hauts fonctionnaires, des proches d’anciens décideurs politiques).

    Un processus graduel de la désintégration du système féodal doit avoir le jours.

    Ce système féodal pourrait détruire la démocratie et l’économie de marché libéral.

    Les personnes occupant les différents niveaux de la société féodale marocaine ont chacun des avantages, les plus près du sommet du système féodal marocain avait plus d’avantages.
    Lorsque vous vous débarrassez de ces positions privilégiées, les abus les injustices se termineront.

    Les classes privilégiées (les partis politiques et les proches de la cour) ont obtenu la sauce, et le champ politique est injustement basculé en faveur des grands acteurs.

    Le manque à gagner du fisc est énorme. Les sommes de ces privilégiés ne sont pas soumises à l’impôt ni aux taxes ou aux charges. C’est la concurrence déloyale.

    C’est de l’argent BABA AAICHOUR offert par l’Etat marocain sur des critères et des bases discriminatoire.

    Une union des réseaux d’intérét des affairistes, des multinationales, des RME, des réseaux Facebook devra accélérer le processus de désintégration des privilèges féodaux.

    La blogosphère devra accentuer la pression dans les années à venir.

    Posté par mayada | mars 26, 2011, 19:15

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